Le retour du loup en Wallonie

21/09/2018

Question écrite à COLLIN René, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité, du Tourisme, du Patrimoine et délégué à la Grande Région

Depuis quelques mois, la présence du loup en Wallonie est officiellement confirmée. Début de ce mois, un photographe amoureux de la nature devenait la première personne à observer et prendre en photo un loup en Belgique dans les Hautes Fagnes.
Quelques jours plus tard, Monsieur le Ministre indiquait que, sur base des résultats d'analyses d'anciens échantillons ADN, on pouvait même faire remonter le retour du loup à l'été 2016.
Peut-il faire le point sur les dernières observations ?
Combien de cas d'indemnisations ont déjà été constatés ?
L'ensemble du territoire est-il couvert par des agents ayant reçu une formation sur la gestion de ce retour ?
Comment s'organise la collaboration avec les pays voisins ?
Alors que la période de la chasse s'ouvre, les chasseurs sont-ils sensibilisés à la préservation d'un animal qui peut être vu comme un concurrent ?

Réponse

Pour rappel, le réseau loup a été créé en mai 2017 à la suite d'une formation d'une trentaine d'observateurs par les experts français de l'ONCFS, l'Office national de la chasse et de la faune sauvage. Le territoire wallon est couvert, à l'exception de la Direction du Département de la Nature et des Forêts (DNF) de Mons, jugée peu propice au passage d'un loup à ce stade.
À l'heure actuelle, en ce qui concerne le loup en Wallonie, deux individus différents ont pu être identifiés.
La première apparition date des mois d'août et octobre 2016. L'identification est basée uniquement sur des traces d'ADN collectées sur des carcasses de moutons à Samrée dans la région de La Roche-en-Ardenne. À l'époque, la première attaque était qualifiée de « loup non exclu » et la seconde était plus caractéristique d'un chien. Une fois le laboratoire de référence pour l'analyse génétique identifié, ces échantillons ont été analysés en même temps que tous les autres collectés jusque-là. Les résultats montrent que, dans le cas de Samrée, il s'agissait bien d'un loup de lignée d'Europe centrale provenant sans doute d'Allemagne. Dans la région de La Roche s'en sont suivis une série de cas suspects, cas qui n'ont pas pu être attribués de manière indiscutable au loup. Depuis mars 2018, plus aucune attaque n'a été recensée dans cette région.
La seconde apparition concerne un loup photographié pour la première fois le 28 juin 2018 dans les Hautes-Fagnes. Dans ce cas, plusieurs clichés ont été réalisés jusqu'au 3 septembre. Des excréments ont pu être analysés et ont révélé qu'il s'agissait d'un loup différent de celui de La Roche, mais de même lignée.
Les 2 signatures génétiques seront confrontées prochainement à la base de données du laboratoire de référence pour cette lignée en Allemagne avec l'espoir de définir plus précisément leur meute d'origine.
L'échange d'informations entre régions et pays limitrophes est mis en place, en ce compris au niveau génétique entre GeCoLab, le laboratoire de référence en Wallonie, et les laboratoires de référence pour les lignées qui nous concernent potentiellement : l'Institut de Senckenberg pour la lignée d'Europe centrale et Antagène pour la lignée italo-alpine.
En ce qui concerne la sensibilisation du public chasseur, le réseau loup et le DNF local ont eu l'occasion de faire le point sur la situation avec le Conseil cynégétique des Hautes-Fagnes - Eifel lors d'une assemblée générale, le 7 septembre dernier. De multiples informations sont par ailleurs accessibles via le site www.reseauloup.be en français et en allemand.